I woke up in motion

J’erre

je cherche

je suis les sanglots

le feuillage

les sources

les puits

les ponts

les torches

les flammes

– tout ce qui luit

avant l’éclair

avant la peur –

l’irrésistible jour

le feu dévastateur




L’abîme est mon palais

Jamais je ne dors

Comme les ablais, coupé

Nu, quasi mort

J’ai vu

J’erre

Je cherche encore




Errance

Pierre ponce –

Semelles de béton _

Semences,

ronces –

larmes, pureté, armes

dureté,

roses épépinées,

rêves teintés

J’ai ce visage

J’erre

Je cherche encore




Je suis

L’eau

L’encre

La crue

J’erre

J’ai vu

Afoué j’ai mis le feu

Caressé la cendre, et le brasier

Elimé, ce paysage troué, ce paysage

Ce vide, cette forêt

En route, j’ai pleuré

En chemin, j’ai marché

En chemin, j’ai vu la sente se pencher

Le sang sur mon sang s’écouler

La terre sur ma terre s’enterrer

J’ai pu hurler en chantant et retrouver parfois

Le souvenir de ma mère

Un reflet, quelques ruines




Mais toujours le chemin se chemine

La pluie est forte

la pluie se bat avec la pluie

Je traverse la poussière

J’épointe le chemin et le chemin sous mes pieds

Se corrode, se lamine et se tord

Je traverse la trace, j’éprouve le seuil, je dévide l’espace

Tout ce qui fuit, frémit, trôle et traîne

S’écarte et se calfate

S ‘efface




Je m’essore et me noue

Je suis  – je suis

Me traverse  – je traverse

Je traverse –  me traverse

Je suis

Me traverse

En l’absence de lieu

Je traverse

J’ai l’odyssée aux trousses

Je traverse – traverse

des images des viatiques

je marche je traverse

j’ai ce trou au milieu du visage

je suis dans le paysage

aveugle, erratique

je suis dans le paysage

aveugle erratique

je suis dans le paysage

aveugle

je suis

dans

le

payssage

je suis

aveugle

En savoir +